Dans les Bauges, à quelques kilomètres du Châtelard, le hameau de La Lavanche respire l’air pur des prairies d’altitude. C’est ici que La Ferme du Caban accueille ses visiteurs : un écrin pastoral où les cloches des bovins résonnent au rythme d’une agriculture biologique revendiquée. L’exploitation, transmise depuis 1987, a engagé depuis cinq ans une transition ambitieuse vers un élevage bovin centré sur le bien-être animal, la pâturage extensif et des pratiques durables. Entre les alpages estivaux, l’alimentation naturelle à base d’herbe fraîche et les soins vétérinaires de proximité, les bêtes affichent un état sanitaire qui fait la fierté des éleveurs. L’odeur légèrement sucrée des foins de montagne, l’ombre fraîche sous les noisetiers et la complicité évidente entre l’éleveur et ses vaches composent un tableau que nombre de citadins viennent photographier chaque week-end.
En bref : l’essentiel sur l’élevage bovin à La Ferme du Caban
- 🌿 Passage au bio certifié depuis 2022 : fourrages produits sur place et zéro OGM.
- 🐄 Mise en place d’un élevage en plein air avec 180 jours minimum de pâturage extensif annuel.
- 💧 Eau de source filtrée pour abreuver les bovins, limitant les risques sanitaires.
- 🔄 Gestion circulaire du fumier : compostage, restitution aux prairies, captation de carbone.
- 🤝 Vente directe de viande maturée, fromages et yaourts ; partenariat pédagogique avec les écoles locales.
La Ferme du Caban : racines familiales et virage vers l’élevage bovin biologique
L’histoire démarre en 1987 quand Isabelle et Pierre s’installent avec une trentaine de chèvres. Les années 1990 voient naître la diversification laitière ; yaourts, crèmes desserts et tommes gagnent les marchés de Chambéry. La nouvelle génération arrive en 2020 : Gwendal, Renaud et Sophie associent leur énergie à celle de leurs aînés et décident d’introduire un troupeau de 25 vaches Montbéliardes. Pourquoi ces laitières rustiques ? Parce qu’elles valorisent les prairies acides du massif et offrent un lait riche, parfait pour la tomme des Bauges.
Le défi reste de taille : passer de caprins/ovins à des bovins exige des bâtiments adaptés, une herbe plus haute et un suivi vétérinaire minutieux. L’équipe transforme l’ancienne grange en stabulation paillée lumineuse, ouverte sur trois côtés pour conserver cette atmosphère de bien-être animal. Dès les premiers vêlages, les visiteurs constatent que chaque veau porte un nom choisi par les enfants du village, une façon de créer un lien affectif et pédagogique.
De la cour de ferme à la prairie alpine : une logistique savamment orchestrée
La transhumance interne fait partie de la routine : aux beaux jours, le troupeau parcourt deux kilomètres vers les pâturages d’altitude, escorté par un quatuor de brebis meneuses. La scène rappelle les processions traditionnelles suisses ; cloches décorées, bouquets d’edelweiss, rires des promeneurs. Pour gérer l’herbe, les éleveurs comptent sur un pâturage tournant dynamique : parcelles partagées en paddocks, trois jours d’occupation maximum, repos végétatif d’un mois. Ce rythme permet à la flore de fleurir, attirant papillons et abeilles.
Une anecdote illustre la vigilance de la famille : à l’été 2024, une vache, Praline, refuse de rejoindre le lot. Diagnostic rapide grâce à un carnet d’élevage numérique : stress thermique. La solution : installer un brumisateur solaire acheté chez un fabricant local. Le lendemain, Praline broute à nouveau, preuve qu’un soin vétérinaire n’est pas toujours médicamenteux.
🔔 Clé de voûte de cette section : la ferme conserve son âme familiale tout en propulsant l’élevage bovin vers une haute valeur environnementale.
Alimentation naturelle : quand les prairies des Bauges se transforment en garde-manger
L’herbe constitue 85 % de la ration annuelle. Grâce à la diversité botanique – trèfle violet, fétuque élevée, lotier et achillée – les vaches reçoivent un cocktail de fibres, protéines et minéraux sans supplémentation chimique. En hiver, le foin est stocké dans un séchoir photovoltaïque ; adieu les fermentations incontrôlées. Le résultat se mesure dans le lait : un taux de matière grasse de 42 g/L et d’oméga-3 supérieur de 40 % à la moyenne nationale selon les analyses du laboratoire départemental en février 2025.
Le complément céréalier maison
Pour soutenir la lactation, l’équipe cultive un hectare d’orge et un demi-hectare de pois protéagineux. Les grains sont aplatis à la ferme, évitant les achats extérieurs. Cette autonomie rassure en période d’inflation : le coût de la tonne de tourteau soja a bondi de 25 % début 2025, sans impacter le budget du Caban.
Gestion de l’eau : une source, deux citernes et mille attentions
L’eau provient d’une résurgence captée en 2019. Deux citernes alimentaires de 20 000 L assurent la distribution par gravité. Un goût d’eau de roche qui, paraît-il, donne au fromage cette note florale incomparable. Pour prévenir la contamination, des tests mensuels mesurent nitrates et coliformes ; aucun dépassement à ce jour.
- 💧 Source protégée par une clôture bois-mélèze ;
- 🔄 Rinçage hebdomadaire des abreuvoirs ;
- 🌡️ Sonde connectée : alerte sur smartphone si la température dépasse 20 °C.
La boucle alimentation-eau se ferme : un élevage en plein air capable de nourrir ses bovins sans grever les ressources locales.
🎯 Point à retenir : la qualité d’un produit laitier commence dans la prairie, pas au laboratoire.
Bien-être animal et soins vétérinaires : plus qu’une obligation, un engagement moral
Chaque bovin dispose de 12 m² en stabulation et d’une aire de couchage paillée renouvelée quotidiennement. Les vêlages se déroulent dans un box individuel, équipé d’une caméra infrarouge ; la présence humaine reste discrète, limitant le stress. Depuis 2023, la ferme collabore avec une vétérinaire homéopathe. Antibiotiques soins vétérinaires ? Seulement lorsqu’un test bactériologique le justifie. Le reste du temps, huiles essentielles de ravintsara pour les voies respiratoires et argile verte sur les plaies superficielles.
Indicateurs de confort
| 📊 Critère | Objectif 2025 | Résultat actuel |
|---|---|---|
| Nombre de boiteries | < 2 % | 1,1 % |
| Cellules somatiques dans le lait | < 150 000 | 122 000 |
| Taux de mortalité veaux | < 3 % | 0 % |
| Indice de confort (couchage rapide) | > 0,8 | 0,9 |
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : le bien-être animal n’est pas une formule marketing mais un protocole mesurable.
Une visite inattendue : l’école primaire du Châtelard
Lors d’une sortie pédagogique, 25 enfants ont observé la rumination d’Harmonie, une vache au pelage acajou. Le maître pose la question : « Pourquoi rote-t-elle ? » Réponse : la digestion du rumen produit du méthane, mais l’herbe piège également du carbone que les racines restituent au sol. Un élève conclut : « La vache est une recycleuse. » La maxime est restée affichée au mur de la salle de traite.
🌟 Clé de voûte : des vaches sereines produisent un lait sain et réduisent les frais vétérinaires.
Pâturage extensif et pratiques durables : un paysage façonné par les bovins
Le massif des Bauges, classé Géoparc UNESCO, dépend du pâturage pour maintenir ses pelouses sèches et prévenir les incendies estivaux. La Ferme du Caban y contribue en laissant ses vaches parcourir des parcelles pentues que les tracteurs n’atteignent pas. Cette gestion extensible nourrit le débat sur la neutralité carbone ; le fumier composté séquestre 2,8 t de CO₂ par hectare et par an, d’après l’association Sols Vivants Savoie.
Économie circulaire et énergie
Le biogaz issu de la fosse à lisier alimente un micro-cogénérateur ; l’électricité produite couvre 40 % des besoins de la fromagerie. Les panneaux photovoltaïques sur la toiture complètent le dispositif. Le surplus d’énergie estivale recharge deux tracteurs électriques compacts, parfaits pour faucher les parcelles escarpées sans émettre de CO₂.
La biodiversité au centre du projet
Depuis l’installation de mares temporaires, 18 espèces de libellules ont été recensées. Les bovins y jouent un rôle discret : leur piétinement crée des ornières retenant l’eau. Les naturalistes saluent cette symbiose entre élevage et faune sauvage.
- 🦋 Papillons azurés en hausse de 12 % ;
- 🪲 Scarabées coprophages favorisant l’aération du sol ;
- 🌸 Orchis tachetées revenues sur deux hectares.
Cet écosystème exemplaire démontre comment un élevage bovin bien pensé devient un allié des milieux naturels, et non un rival.
✨ Phrase clé : la durabilité se cultive autant dans les prés que dans l’esprit des éleveurs.
De la ferme à l’assiette : valorisation locale et pédagogie gourmande
Chaque vendredi, la camionnette réfrigérée chargée de caissettes de viande maturée en croûte sèche file vers le marché de La Ravoire. Les clients y dégustent un steak haché qui révèle des arômes de noisette, signature d’une alimentation naturelle. Fromages, yaourts et crèmes desserts au lait de vache viennent compléter la gamme caprine historique. Un QR Code sur l’étiquette renvoie à une vidéo immersive tournée dans le pâturage extensif ; l’acheteur observe en réalité augmentée la vache qui a fourni le lait.
Tourisme agriculteur : dormir dans la prairie
Depuis l’été 2024, trois tentes safari proposent un séjour « Sieste et Meuglement ». Les randonneurs réveillés par le mugissement de Cerise réclament souvent d’accompagner la traite manuelle. La ferme y voit une occasion de transmettre la passion de l’élevage en plein air.
Retombées économiques et sociales
Le chiffre d’affaires viande-lait a progressé de 17 % en 2024 grâce à la vente directe, tandis que deux emplois ont été créés : un fromager et une animatrice pédagogique. L’école hôtelière de Challes-les-Eaux intègre désormais la tomme du Caban à son module « gastronomie locale », bouclant la boucle entre prairie, étable et assiette.
🎁 Phrase clé : acheter un produit du Caban, c’est soutenir un territoire, pas seulement remplir un frigo.
La Ferme du Caban élève-t-elle uniquement des vaches laitières ?
Non ; la ferme conserve ses chèvres et brebis historiques pour diversifier la production fromagère. Les vaches Montbéliardes complètent l’offre sans la remplacer.
Comment la ferme réduit-elle le méthane émis par les bovins ?
Le pâturage extensif limite le stress digestif, et l’ajout de lin extrudé dans la ration diminue la production de méthane entérique de 12 % selon les suivis 2025.
Puis-je visiter la ferme en dehors des horaires de marché ?
Oui, des visites guidées sont proposées les mercredis et samedis ; une réservation en ligne garantit une découverte approfondie, du séchoir à foin jusqu’à la cave d’affinage.
Les produits sont-ils certifiés en agriculture biologique ?
Depuis janvier 2022, l’ensemble des viandes, fromages et yaourts porte le label AB, contrôlé par un organisme indépendant.
Quel est le meilleur moment pour observer la transhumance ?
La montée vers les pâturages d’altitude a lieu début juin, lorsque la neige fond. Le retour se fait aux alentours du 15 octobre, juste avant les premières gelées.

