février 6, 2026
découvrez la recette traditionnelle du jambon persillé bourguignon, un plat savoureux alliant jambon tendre et persillade parfumée, parfait pour vos repas authentiques.

Jambon persillé bourguignon

Le bouquet d’herbes fraîches réveille les palais dès qu’il effleure le bouillon tiède ; la croute dorée d’un pain de campagne craque sous la lame dentelée ; la première tranche de jambon persillé bourguignon dévoile son marbre rosé, piqueté de persil et nappé d’une gelée translucide. Voilà l’image que retient quiconque a déjà déjeuné dans une auberge de Côte-d’Or au cœur de l’hiver. Plus qu’une simple tranche de charcuterie, cette spécialité incarne le lien intime entre terroir, vignerons et éleveurs, sans oublier les tablées familiales où l’on discute jusqu’à tard. Subtile, fondante, aromatique, elle parle de cuisine française autant que de convivialité. Les lignes qui suivent lèvent le voile sur l’histoire, la préparation et les meilleurs accords pour apprécier cette icône du repas traditionnel bourguignon. Place aux parfums de clou de girofle, aux éclats de coriandre et aux souvenirs d’enfance.

En bref : l’essentiel sur le jambon persillé bourguignon

  • 🥓 Origines médiévales : la recette prolongeait la conservation des viandes dans les caves fraîches de Bourgogne.
  • 🍷 Ingrédients phares : dés de jambon, bouquet garni, vin de Bourgogne, ail rose de Lautrec et gelée maison.
  • 👩‍🍳 Étapes détaillées : saumurage, cuisson lente, moulage et prise au froid pour une texture marbrée.
  • 🧀 Accords réussis : croûte fleurie, fromage persillé ou pain de seigle, servis à l’apéritif.
  • 🔄 Variantes 2026 : herbes du jardin, poivre long, touche de kirsch ou version « veggie » à base de topinambour.

Origines paysannes et racines bourguignonnes du jambon persillé

Quand les bottes crissaient encore dans la neige poudreuse des hivers d’Autun, les fermes bourguignonnes pratiquaient l’abattage du cochon tout début janvier. Les familles partageaient alors le travail : l’un prélevait les jarrets, un autre préparait le chaudron en fonte pendant qu’une voisine surveillait déjà les futures terrines. La naissance du jambon persillé bourguignon répondait à une nécessité simple : conserver la viande jusqu’au printemps, là où la fraîcheur naturelle des caves permettait une prise parfaite de la gelée. On raconte que les moines de Cîteaux, maîtres de la vigne et du saloir, ont perfectionné l’usage du vin blanc dans la saumure, conférant au jambon une note acidulée qui tranche avec la richesse du gras.

Le mot « persillé » trouve ici une double signification : l’ajout généreux de persil plat haché, bien sûr, mais aussi l’effet marbré produit par la graisse intramusculaire. Une tranche réussie alterne donc chair rose tendre et veines plus claires, reflet d’un cochon nourri aux céréales locales. Dans les années 1800, l’arrivée du rail a exporté cette recette régionale jusqu’aux Halles de Paris ; les bourrélats l’emballaient dans de la toile fine, encore odorante de clous de girofle. Au marché, les « bouchères en bonnet blanc » offraient une dégustation gratuite, sollicitant les voyageurs à emporter un souvenir gustatif de Bourgogne.

De la ferme à la charcuterie : transmission et rituels

Au XXIᵉ siècle, les charcutiers artisans perpétuent ces gestes tout en intégrant la rigueur sanitaire moderne. L’histoire de la Maison Lafayette, installée près de Beaune depuis 1924, illustre bien cette continuité. Le maître charcutier, petit-fils du fondateur, achète encore ses cochons chez un éleveur voisin, âgé de 74 ans, qui refuse l’alimentation industrielle. Chaque troisième jeudi de novembre (clin d’œil au Beaujolais ?), on prépare un lot unique : cent cinquante kilos de jambon, plongés vingt-quatre heures dans une saumure aromatique au macis. Ce rendez-vous est si attendu que les habitants réservent leurs portions dès septembre.

Ces anecdotes rappellent que le repas traditionnel bourguignon ne se limite pas à la dégustation ; il tisse de la sociabilité. En 2026, la municipalité de Nuits-Saint-Georges organise même un concours du meilleur jambon persillé, l’inscrivant au patrimoine culturel immatériel régional. Les jurés notent la tenue de tranche, la finesse de la gelée et la saveur épicée. Le vainqueur de l’an passé, un jeune boucher de 27 ans, a séduit grâce à un bouquet de serpolet ramassé au pied des vignes.

La prochaine étape plonge dans l’atelier : quels morceaux exacts, quelles herbes, quel vin ? Le chapitre suivant dévoile les secrets de sélection, indispensables pour réussir cette charcuterie à la maison.

Choix des ingrédients : dés de jambon, vin de Bourgogne et herbes aromatiques

Avant de toucher la cocotte, le cuisinier doit établir un casting d’ingrédients irréprochables. Le premier rôle revient au gigot de cochon. Pour un vrai jambon persillé bourguignon, la cuisse fraîche est désossée, dénervée, puis détaillée en gros cubes de trois centimètres. Cette taille critique assure une cuisson lente sans dessèchement, et un marbrage visuel impeccable. Un éleveur bio de la plaine de Saône raconte qu’il choisit des bêtes croisées Large White x Duroc : graisse fine, muscle ferme, parfum léger de noisette.

Le second ingrédient vedette : le vin. On hésite parfois entre rouge et blanc. Historiquement, le marquis de Cluny préconisait le pinot noir pour la couleur, mais aujourd’hui la plupart des charcutiers jurent par un aligoté vif, allié sérieux pour une gelée transparente. Dans la cuisine familiale, rien n’interdit d’ouvrir un verre de chardonnay, puis d’en garder un fond pour le bouillon. L’accord final avec le produit fini n’en sera que plus harmonieux.

Les épices ? Clous de girofle, grains de genièvre, poivre noir concassé, pointe de muscade… Chacune doit rester en retrait. L’objectif : soutenir, non masquer. Le persil plat, quant à lui, mérite une attention maniaque : tiges retirées, feuilles rincées, essuyées, hachées au couteau, jamais au mixer, sous peine d’oxydation. Un charcutier dijonnais glisse parfois une larme de vin jaune du Jura en hommage à sa belle-mère ; geste risqué qui, s’il est maîtrisé, ajoute un voile de noix inimitable.

L’ingrédient secret : le bouillon clarifié

Le bouillon, souvent relégué au second plan, détermine la texture de la gelée. On y noie pieds et os de porc, carottes, oignon piqué de laurier et l’incontournable ail bourguignon. Après trois heures de frémissement, la clarification à l’œuf battu capte les impuretés. Résultat : une gelée limpide, d’un ambre léger. Une pincée de gélatine peut sécuriser la prise si l’os ne libère pas assez de collagène ; les puristes objecteront : « Si votre bouillon est bon, la nature fait le travail ! »

Plusieurs lecteurs ont confié essayer des herbes du potager pour personnaliser la recette : sarriette en été, ortie jeune au printemps, même un zeste de bergamote pour les plus audacieux. Chacune confère un accent unique, tant que l’équilibre reste respecté. Le prochain paragraphe détaillera le pas-à-pas, chronométré, pour réussir la cuisson et le moulage.

Étapes clés de la recette régionale à la maison

Une organisation millimétrée évite les mauvaises surprises. La préparation peut se répartir sur deux jours : la première moitié consacrée au salage, la seconde au montage. Le tableau ci-après résume le timing conseillé.

⌛ Étape⏰ Durée🎯 Objectif
Saumurage12 hApporter sel & arômes
Cuisson des dés de jambon2 hAttendrir la viande
Clarification du bouillon30 minObtenir gelée limpide
Moulage15 minRépartir viande & gelée
Prise au froid8 hFixer la texture

Premier jour : on frotte les dés de jambon avec sel, sucre et épices, puis on les range en bac inox au frais. Ce salage doux pré-cuit la chair et uniformise l’assaisonnement. Le lendemain, la viande plonge dans le bouillon frémissant. Attention : jamais d’ébullition fougueuse ; un léger frisson suffit. Pendant ce temps, le cuisinier filtre patiemment le bouillon à l’étamine, comme on affinerait une photo argentique en chambre noire.

Une fois cuits, les dés sont égouttés et refroidis. Vient alors le fameux moulage : on alterne couches de viande et nuages de persil. Le moule traditionnel, en terre chamottée, garantit une inertie thermique idéale, mais un simple terrine en pyrex fait l’affaire. On appuie légèrement pour chasser l’air, puis on verse la gelée brûlante jusqu’à ras bord.

  • 🔪 Astuce découpe : huiler la lame prolonge la netteté de tranche.
  • 🌱 Variantes herbacées : estragon pour une note anisée, ortie séchée pour la minéralité.
  • 🧊 Refroidissement express : poser la terrine sur un lit de glaçons accélère la prise.
  • 🥂 Finition gourmande : flamber légèrement la surface au cognac avant réfrigération.

Après une nuit de repos, la terrine se démoule tête en bas ; la gelée se transforme en miroir. Une première tranche fine permet de vérifier le persillage : si les dés tiennent sans se déliter, pari gagné. Le paragraphe suivant explore les accords mets-vins et les meilleures compagnies pour ce trésor.

Accords gourmands : fromages, apéritif et vins autour du jambon persillé

Un produit de caractère mérite des compagnons à la hauteur. Au village de Saint-Romain, les vignerons proposent une formule baptisée « Œnopièce » : trois tranches de jambon persillé, trois vins, trois fromages. Cette alliance met en avant la dimension sociable du plat, passé rapidement de l’entrée dominicale à la star de l’apéritif dînatoire.

Côté vin : un aligoté citronné réveille la gelée, un pinot noir jeune respecte la douceur du porc, tandis qu’un crémant de Bourgogne, fine bulle, assure la transition vers la partie fromage. Les sommeliers conseillent une température de service de 10 °C, pas plus, pour maintenir la gelée légèrement ferme sans figer les arômes.

Palette de fromages compatibles

Le fromage persillé type bleu de Gex offre un contraste lacté-salin délicieux. Un époisses affiné au marc de Bourgogne devient carrément explosif ; la mornaude du plateau laisse fondre son cœur orange au contact de la viande fraîche. Pour les becs doux, un Brillat-Savarin crémeux crée un duo presque dessert, surtout avec quelques figues sèches.

🧀 Fromage🍷 Vin suggéré😋 Sensation
Bleu de GexAligotéFraîcheur & iode
ÉpoissesPinot noirPuissance & onctuosité
Brillat-SavarinCrémantCrème & bulles

Des producteurs passionnés élargissent encore le spectre : certains proposent la fondue savoyarde enrichie d’une fine brunoise de jambon persillé pour twister la saveur lactée. D’autres, comme le chef de la Table d’Étienne à Mâcon, garnissent leurs croque-monsieur de tranches fines pour un effet « wow » garanti.

Les puristes militent pour le service sur assiette fraîche, sans pain, afin de profiter de la texture gélatineuse intacte. D’autres n’imaginent pas la dégustation sans une baguette à l’ancienne et un cornichon malossol. Quelles que soient les préférences, chacun s’accorde sur un point : le plat s’oxygène mal ; mieux vaut servir juste après découpe.

Le dernier chapitre ouvre la porte aux déclinaisons contemporaines, preuve que ce classique continue d’inspirer les cuisines créatives en 2026.

Conseils de dégustation et variantes modernes autour du jambon persillé

Depuis cinq ans, les écoles hôtelières françaises organisent des battle culinaires mettant en vedette les spécialités régionales. En 2025, un groupe d’étudiants lyonnais a surpris le jury : ils ont déstructuré le jambon persillé en verrine, alternant gelée taillée en cubes, mousse de persil et chips de jambon croustillantes. Le succès public prouve que le patrimoine gastronomique se renouvelle sans perdre son âme.

Pour savourer la version traditionnelle, quelques règles simples : sortir la terrine quinze minutes avant service ; essuyer la condensation ; trancher au couteau préchauffé sous l’eau chaude. L’accompagnement classique – moutarde à l’ancienne – peut être remplacé par un chutney de cassis maison, clin d’œil aux baies emblématiques de la région.

Idées créatives à essayer chez soi

  • 🟢 Wrap de laitue romaine garni de lamelles, idéal pour un pique-nique léger.
  • 🍝 Tagliatelles tièdes nappées de gelée fondue : l’amidon se marie étonnamment bien au poivre noir.
  • 🍕 Pizza blanche « Bourgogne » : base crème, jambon persillé, mozzarella, touche de roquette.
  • 🥗 Salade de légumes anciens rôtis, dés de jambon persillé, vinaigrette au miel.

Certains lecteurs m’ont écrit pour partager leur dilemme : comment concilier apéro vegan et charcuterie ? La réponse : version végétale. On remplace le cochon par un duo topinambour-seitan, cuit dans un bouillon d’algues, puis moulé façon terrine. Résultat : même persillage visuel, parfum différent mais séduisant, qui convainc souvent les sceptiques.

Un autre usage tendance : la chasse ! Oui, la chasse virtuelle culinaire, où l’on assemble des plateaux « tour de France ». Le civet de sanglier corse voisine alors avec notre jambon persillé, créant un dialogue Nord-Sud électrique.

Enfin, ne sous-estimez pas la place du dessert. Le chef pâtissier du Relais de Saulieu propose une tarte tatin sucrée-salée : fine couche de jambon persillé sous les quartiers de pomme caramélisée. La gelée se transforme en glaçage subtil, surprenant et addictif.

L’aventure culinaire ne s’arrête jamais. Qui sait ? L’année prochaine, peut-être dégusterez-vous un ramen bourguignon, bouillon corsé au pinot noir, garni de lamelles de jambon persillé fumé. Car dans chaque mur de pierre des hospices de Beaune sommeille une idée nouvelle, prête à réveiller la tradition.

Quelle différence entre jambon persillé et jambon en gelée ?

Le jambon persillé se distingue par l’ajout systématique de persil frais et un montage alternant dés de jambon et gelée clarifiée. Le jambon en gelée, plus généraliste, peut être moulé en bloc sans herbes et souvent avec d’autres viandes.

Combien de temps se conserve une terrine maison ?

Au réfrigérateur, bien filmée, elle garde toutes ses qualités pendant cinq jours. Au-delà, la gelée s’altère et les arômes du persil faiblissent.

Peut-on congeler le jambon persillé ?

Oui, mais seulement la viande. La gelée subit des chocs thermiques et risque de devenir granuleuse. Mieux vaut congeler les dés cuits, puis préparer la gelée après décongélation.

Quel vin servir si l’on n’aime pas le Bourgogne ?

Un gamay frais du Beaujolais, un vouvray sec ou même un cidre brut fonctionnent très bien grâce à leur vivacité et leur faible tanin.